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26.10.2016

Une police proche de la population

Les 17 aspirants de l’académie de Savatan ont pu découvrir les spécificités de la police de proximité. Photo : Picard
Les 17 aspirants de l’académie de Savatan ont pu découvrir les spécificités de la police de proximité. Photo : Picard

Aller à la rencontre des citoyens et collaborer, voici l’objectif de la police de proximité. Au début du mois, 71 aspirants de l’Académie de police de Savatan en ont fait l’expérience.

Vous avez souvent entendu dans vos cours qu’un policier seul est un policier mort. Moi j’ai envie de vous dire qu’un policier seul est un policier abordable.» Le lieutenant Samuel De Siebenthal, de la Police Région Morges (PRM) lance la journée sur la police de proximité, qui a lieu pour la première fois à Morges. Face à lui, ils sont 17 hommes et femmes motivés  à  affronter  l’inconnu  (et  la pluie!) afin de découvrir cet aspect spécifique de leur formation: la patrouille pédestre en solo.

Proches des citoyens

Durant 2 jours, quatre groupes d’aspirants  policiers  se  sont  succédé à Morges dans les locaux du SIS  Morget,  faute  d’espace  à  la place   Saint-Louis.   L’objectif   de cette journée ? Se rendre disponible pour  les citoyens,  un but parfois oublié selon le lieutenant De Siebenthal. «L’image de la police, c’est souvent celle que l’on voit dans les  films: des enquêtes, des interventions, des fusillades… Mais il faut être lucide, il n’y a que 3% d’interventions violentes sur une année. Le reste du temps, au quotidien, on se préoccupe du citoyen lambda. Celui qui vit, qui sort faire ses courses, qui rit, qui pleure, qui a des problèmes parfois et donc peut avoir besoin de nous.»

Cette journée, souvent, les aspirants l’appréhendent. «On leur apprend  toujours  qu’il  faut  être  au moins deux, explique le lieutenant De Siebenthal. Du coup quand on leur dit qu’on va les envoyer patrouiller seul dans la ville, ils sont inquiets. On va à l’encontre de ce qu’ils   apprennent à l’Académie lorsqu’on  les  forme  à  gérer  des situations  «chaudes».»

Être à l'écoute

D’abord répartis en 3 groupes, les 17 aspirants présents ce vendredi matin effectuent un parcours dans la ville  afin  de repérer  les lieux.

«Sur la place de la Gare, il y a énormément de choses à prendre en compte, indique le caporal Angelo Papotto qui guide le premier groupe. N’hésitez pas à aller vers les chauffeurs de bus ou les employés de la voirie pour leur de- mander des informations ou simplement pour savoir si tout va bien.»

Pour  l’aspirant  Christian  Sch- moutz, cet apprentissage est essentiel: «On veut montrer aux gens qu’on  n’est  pas  là  uniquement parce qu’il y a des problèmes, on est  toujours  à  leur  écoute.  C’est notre métier d’être au service de la population et d’aller les voir.»

Après la patrouille de reconnaissance, les aspirants partent seuls, toutes les 5 minutes. À la fin de la journée, la conclusion est sans appel. «Ils ont tous la banane, sourit le lieutenant De Siebenthal.

Pour beaucoup, cette journée est une véritable révélation. Certains m’ont  dit:  «Les  gens  sont  venus vers nous pour nous poser des questions, c’est génial!» Ils ne s’attendaient pas à ça.» De la part des commerçants   aussi   le  bilan  de cette journée est positif: «Ils étaient tous ravis de voir «ces p’tits jeunes» venir à leur rencontre.»

Image à changer

Car c’était une première pour ces futurs policiers. «À l’Académie, il n’y  a  pas  de  civiles.  Du  coup, quand ils sortent pour la première fois avec  leur  uniforme,  ce  n’est pas toujours évident de subir les regards des gens.» 

Et cette vision des forces de l’ordre  n’est  pas  toujours  idéale.

«Quand on pense police, on pense souvent problèmes, c’est une image à changer, explique Samuel De Siebenthal. C’est le grand défi des années 2000: rapprocher la police du citoyen. Et pour cela, c’est à nous de faire l’effort car les gens n’osent pas venir vers nous.» Et ce changement ne se fera pas de lui-même. «La police ne fait pas ou plus de la police toute seule. Tout le monde doit être acteur de sa sécurité. Ainsi, on ne veut plus de cette image où on impose des choses que les gens subissent. Aujourd’hui,  on  cherche  des  solutions avec les citoyens. Ils suivront d’avantage  des  propositions qui auront été convenues avec eux. On doit se mettre autour d’une table et  discuter.  C’est  bénéfique  pour toutes les parties.»

Un pouvoir confié

Ainsi, cette journée de formation aura contribué à resserrer les liens entre agents et citoyens. «Il y a une chose essentielle qu’il ne faut pas oublier: ce sont les citoyens qui nous confient nos pouvoirs, insiste Samuel De Siebenthal. Nous sommes assermentés par des élus du peuple qui le représentent.» Et  le lieutenant  de  poursuivre:  «Il  ne faut pas oublier la notion de ser- vice public dont nous sommes investis. C’est en collaborant avec la population  que  notre  tâche  sera accomplie et satisfaisante pour tout le monde.»

 

Journal de Morges - Par Sarah Rempe 

Photo : Picard

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