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10.03.2017

La Côte - Trop chère, la Police Région Morges ?

La Côte - Trop chère, la Police Région Morges ?
La Côte - Trop chère, la Police Région Morges ?

TOLOCHENAZ: Le prix des services de la PRM et de la gendarmerie seront comparés cette année pour répondre à une motion.

«Maintien ou retrait de la Police Région Morges». La motion déposée en fin d’année dernière devant le Conseil communal de Tolochenaz interpelle. Récemment, d’autres communes se sont interrogées sur les intentions d’un tel document. Signifie-t-il que le village de Tolochenaz souhaite se retirer de Police Région Morges ? A l’heure actuelle, tous les partis concernés se veulent rassurants. Explications.

Membres du Conseil communal de Tolochenaz, les deux motionnaires assurent qu’il ne s’agit pour le moment que d’une demande de comparaison entre les coûts de Police Région Morges et ceux  de  la  gendarmerie.  Leur but, offrir davantage de transparence à la population: «En 2012, lorsque nous avons accepté d’adhérer à la PRM, Catherine Sutter, membre de la commission en charge d’étudier le dossier, avait déposé un rapport minoritaire au Conseil demandant que l’on présente les tarifs ainsi que les avantages et inconvénients d’une police cantonale», explique Cyril Duc, cosignataire de la motion avec Gérard Robin.

Chose qui, à l’époque, n’a pas été  réalisée:  «La Municipalité nous avait simplement dit que la gendarmerie coûterait environ 30% de plus que la PRM. Les conseillers ont accepté d’y adhérer sans avoir toutes les clés en main, on aurait recevoir des chiffres il y a déjà plusieurs années.»

Un texte bien reçu

La Municipalité a officiellement une année pour répondre à cette motion. Olivier Jeanneret, municipal en charge de la police, est en train d’effectuer les démarches comparatives auprès de la gendarmerie. Une première rencontre est agendée à la fin du mois: «Il est sain dans une démocratie de remettre en cause certaines choses. Cela va nous permettre de visualiser ces coûts et aussi de voir quelles prestations peuvent être fournies par qui.» Même si Cyril Duc et Gérard Robin assurent ne pas demander un retrait de la PRM, que se pas- sera-t-il si les coûts s’avèrent être trop élevés? «Ce qu’il faut bien comprendre c’est que nous n’avons pas une attitude négative par rapport à cette décision communale, continue Cyril Duc. Ils ont peut- être totalement raison et, à ce moment-là, on n’aura rien à redire, mais dans le cas contraire, le Conseil devra se prononcer.» Historiquement, le village de Tolochenaz est relié à la  police régionale morgienne depuis bien avant la création de la PRM: «Intégrer la PRM a aussi été une logique de continuité, car les deux villes sont liées pour ces prestations depuis les années nonante», complète le municipal.

Une sortie périlleuse

Concrètement, si Tolochenaz devait se retirer de la PRM, cela aurait plusieurs conséquences pour la commune mais aussi pour celles environnantes. En effet, légalement, les communes membres de Police Région Morges doivent être reliées géographiquement.     Actuellement, PRM compte six membres soit Morges, Préverenges, Tolochenaz, Lussy, Buchillon et Saint- Prex. En cas de désistement des Tolochinois, les trois derniers villages seraient de facto exclus de l’association. Ce qui amputerait d’un cinquième la participation financière à la PRM. Le commandant Martin de Muralt se dit toutefois peu inquiet que la situation en arrive là: «Cette motion est l’opportunité de pouvoir mettre à l’ordre du jour politique les qualités des prestations que nous offrons, réagit- il. Il faut noter que plusieurs d’entre elles ne seraient pas réalisées par la police cantonale.»

Gestion du stationnement, commission de police, signalisation routière, enquêtes et rapports de naturalisation, police du commerce, notification des commandements de payer: la PRM offre tout cela aux communes  membres  de  l’association. Mais pour les villes attachées aux services de la gendarmerie, ces tâches municipales reviennent à la commune: «Ce sont des prérogatives communales, ce qui implique d’engager du personnel dédié, notamment des assistants de sécurité publique. Mais il est difficile de trouver du personnel qui dispose d’un panel de compétences aussi diversifié, termine  le commandant Martin de Muralt. Nous ne sommes pas en concurrence avec la gendarmerie car nous fournissons des prestations policières de qualité équivalente, mais la perte de ces tâches communales complémentaires peut être  problématique.»

La police cantonale vaudoise est aujourd’hui la police de référence pour les 56 autres communes du district de Morges.

 

La Côte - 10 mars 2017

Samantha Lunder

Photo : Olivier Bohren

 

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