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15.05.2018

La Côte - Loïc, policier et chanteur

Loïc Epitaux-Fallot est auteur, compositeur et interprète. (La Côte / Cédric Sandoz)
Loïc Epitaux-Fallot est auteur, compositeur et interprète. (La Côte / Cédric Sandoz)

Chef de brigade à Police Région Morges, Loïc Epitaux-Fallot sort son deuxième CD. Un policier chanteur à écouter en concert le 26 mai à Etoy.

Si vous avez des préjugés sur les policiers, il est temps de les remiser au placard, de rencontrer et surtout d’écouter Loïc Epitaux- Fallot. Avant de le voir en chair et en os, revêtu de son uniforme bleu, impressionnant, sanglé par sa ceinture de charge, on entend sa voix douce, si douce, qui égrène les paroles de son dernier CD nommé «Rêvalité».

Six titres qui évoquent en filigrane son travail de policier au quotidien. L’occasion de défendre une profession parfois malmenée et de dire sa frustration aussi: «Le malfrat que voilà/Leur filera entre les doigts/On le libère/Décision en haute sphère/Et tant pis pour sa peine/Les prisons sont pleines.» Un album qui dévoile également son âme romantique. «Quel plus beau cliché que d’écrire des chansons d’amour?», lance-t-il.

Un dernier opus réalisé en autoproduction qui a par ailleurs bénéficié d’une collaboration pour le moins prestigieuse. Le guitariste et compositeur français Michel-Yves Kochmann en signe la réalisation, les arrangements et la direction musicale. Le musicien est notamment le fidèle guitariste d’Alain Souchon et il collabore régulièrement avec Laurent Voulzy, Jane Birkin ou les Enfoirés.

Amitié avec le guitariste d’Alain Souchon

Comment «le petit Suisse», comme le surnomme désormais affectueusement le musicien français, a-t-il pu en arriver à ce que son rêve devienne réalité, du nom de son dernier CD?

Amoureux de la chanson française, Loïc Epitaux-Fallot a eu un choc artistique en entendant jouer Michel-Yves Kochmann sur un album live d’Alain Souchon. Il a cherché à entrer en contact avec lui dès 2010. Un lien s’est créé petit à petit, patiemment. Le guitariste français a compris que Loïc Epitaux-Fallot était un mordu à force de le croiser à tous ses concerts. Une amitié naît alors entre les deux hommes.

Album enregistré à Paris

Pourtant, au moment de lancer son deuxième opus, le Lausannois ne s’en ouvre pas directement au guitariste français. Ce dernier découvre son projet sur les réseaux sociaux. «Il m’a alors proposé de réaliser mon album dans son studio à Paris, j’ai eu une petite chute de tension! Je me suis demandé si mes compositions allaient être à la hauteur», se souvient- il. L’artiste lausannois relève pourtant le challenge, lui qui n’aurait jamais imaginé, même dans ses rêves les plus fous, sortir ne serait-ce qu’un album.

Mais le destin en a décidé autrement. Après avoir appris à jouer du piano durant toute son enfance et son adolescence, Loïc Epitaux-Fallot se met à la guitare en autodidacte. Puis il se décide à prendre des cours. On est en 2014. Son professeur, après avoir entendu quelques-unes de ses compositions, l’incite à les enregistrer. Cela deviendra «Un petit peu comme...», son premier CD sorti en 2016.

Un petit peu comme tous ces chanteurs que Loïc Epitaux-Fallot admire tant, les Souchon, Goldmann, Cabrel ou Renaud. «Sans prétention», dit-il. Pourtant, le «petit» artiste suisse a déjà bénéficié d’un très bel hommage de la part de Philippe Russo. Le directeur artistique de Sony musique France a déclaré: «Loïc fait partie des artistes qui savent écrire des chansons, de cette génération de chanteurs qui relancent la chanson française.»

Loïc Epitaux-Fallot conjugue ainsi avec bonheur deux univers bien différents mais dans lesquels, dit-il, il reste identique. Aimant porter assistance à autrui et cultiver des relations avec bienveillance et empathie. Il est actuellement chef de brigade de police secours à Police Région Morges, où il travaille depuis sa sortie de l’Académie de police de Savatan en 2007. «Devenir policier, c’était un rêve de gosse. Quand j’étais petit, je jouais avec mon frère et mes cousins aux gendarmes et voleurs et il ne fallait pas me demander d’être le voleur!», sourit le policier.

«Et mon autre vie, c’est la musique », ajoute le Lausannois de 35 ans. Une passion naturelle pour celui qui a baigné dans un univers familial entouré de musiciens – son grand-père Guy Fallot est un violoncelliste très connu et sa mère est pianiste.


Etoy, Les Ateliers de La Côte, vernissage de l’album, salle Steinway, 26 mai, à 19h, entrée libre, chapeau à la sortie. Pour commander le CD: contact@loic-musique.com

La Côte - Jocelyne Laurent -  11.05.2018

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