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10.03.2017

La Côte - Le prix de la scène de crime

La Côte - Le prix de la scène de crime
La Côte - Le prix de la scène de crime
La Côte - Le prix de la scène de crime
La Côte - Le prix de la scène de crime
La Côte - Le prix de la scène de crime
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La Côte - Le prix de la scène de crime

A la découverte de la vie quotidienne des policiers de la PRM.

Rendez-vous au poste de police-secours de Morges où le sergent Olivier Bohren et l’appointé Yakup Aydin accueillent les adolescents et leurs parents. Après une courte présentation de ce qui attend les jeunes, les parents quittent le poste, laissant leurs enfants derrière eux.

Ces collégiens sont les gagnants du concours «Etes-vous observateurs ?» organisé par les polices communales vaudoises, dont Police Région Morges (PRM), lors du salon des métiers 2016, début décembre, à Lausanne.

Une scène de crime, pas de cadavre ni de criminel, mais des indices à retrouver. Léonita, Zoé et Jérémie, ont chacun retrouvé l’arme du crime. En ce samedi pluvieux, Zoé et Jérémie sont venus recevoir leur prix: une demi-journée « enimmersion » à la PRM. Léonita, pour sa part, a été  reçue la semaine précédente.

Après la traversée de la salle des opérations où les ordinateurs règnent en maîtres, de haut en bas du poste, les policiers  ouvrent  les  portes. Derrière les unes, des petites salles d’audition, derrière les autres de quoi faire cavaler l’imagination.

 

Frissons en cellule

Yakup Aydin explique que «l’inconfort de la cellule de garde à vue est volontaire». Pas de caméra de surveillance intérieure pour protéger l’intimité des prévenus lors de la fouille. L’un des deux jeunes demande «combien de temps quelqu’un peut y rester enfermé ?» Quelques heures, mais pour certains, une autre cellule les attend en bas.

Au sous sol, deux minuscules cellules, privées de la lumière naturelle, illuminées 24h/24h par un néon «accueillent» les inculpés avant leur transfert en prison ou ceux qui ont besoin de retrouver leurs esprits après un abus d’alcools, de drogues ou les deux, peut-être une bagarre ou une perte de contrôle… Ils peuvent y rester 12 heures. Un judas et une caméra intérieure permettent de surveiller le détenu. Zoé et Jérémie, accompagnés de l’appointé Aydin, se laissent enfermés par le sergent Bohren. Moins d’une minute en cellule leur suffit pour ne jamais avoir envie d’y retourner.

Les deux policiers ne sont pas avares en explications et en anecdotes à propos de leur quotidien, composé autant de routine tranquille que de violence dirigée contre eux et/ou entre les personnes, y compris celles qui sont dangereuses pour elles-mêmes et qu’ il faut protéger.

Frissons en voiture

Dans le garage, le sergent Bohren et l’appointé Aydin font l’inventaire du coffre de la voiture  avec explications. Les adolescents ont le droit de soupeser les armes, détailler les balles, porter un grand bouclier, découvrir les gilets pare-balles et autres matériels d’intervention. L’appointé Aydin actionne le plateau sur le toit de la voiture. Messages lumineux, gyrophares et soudain, gros choc auditif, les sirènes résonnent dans le garage. La patrouille en voiture démarre.  Dans  l’habitacle,  c’est plus facile de discuter. Jérémie raconte «j’ai fait le concours pour mon cousin, c’est lui qui veut devenir policier, je voulais lui donner mon prix». Le sergent Bohren rebondit «l’altruisme est une belle qualité, on en a besoin dans la police». Mais c’est Zoé qui veut devenir policière. Elle se livre un peu «dans les conflits, j’essaye toujours de calmer les gens».

Sur une petite route déserte, Yacup Aydin appuie sur l’accélérateur, branche la sirène et les gyrophares. Une seconde et demie suffisent pour passer de 50 à 100km/h. C’est très excitant.

A Saint-Prex, les deux policiers contrôlent un véhicule mal stationné. Le conducteur et sa passagère sont à l’intérieur. Ils mangent des frites en regardant le lac, lorsqu’un policier surgit de chaque côté du véhicule. Jérémie et Zoé ne peuvent s’empêcher de plaisanter en imaginant la réaction des personnes contrôlées. Il est temps de rentrer.

 

IL FAUT ÊTRE DÉBROUILLARD, ADAPTABLE, ALTRUISTE

Au cours de l’après-midi, la remontée à pied de la Grand-Rue à Morges, avec le sergent Bohren, a été l’occasion de comprendre le rôle de la police de proximité. Il insiste sur les qualités d’observation, mais également humaines pour répondre au mieux à la mission de service à la population. Zoé est intéressée par la gestion des situations traumatisantes. Les deux policiers racontent sans fard des interventions difficiles et les situations qui gênèrent un stress émotionnel particulier. Olivier Bohren explique aussi que «l’époque du policier qui doit tout encaisser sans rien dire est finie. Des psychologues nous aident. C’est très important de ne pas se renfermer sur soi-même». Ensemble, ils conseillent d’acquérir de la maturité avant de devenir policier .

 

Témoignages 

 

« Faire un tour en voiture de police, c’est unique. »

Jérémie Boillat, de Gimel, 14 ans, en 10e Harmos. Quand la police a téléphoné pour me parler, je me suis demandé ce que j’avais fait! Cela m’a plu de visiter le poste. J’ai été surpris par le poids du matériel.

Je ne veux pas devenir policier, c’est mon cousin, Je vais lui dire qu’il peut se présenter au poste de police-secours pour poser des questions.

 

« Je veux participer à améliorer la société. »

Zoé Allaz, d’Apples, 14 ans, en 10e Harmos. Quand mon père m’a dit que la police voulait me parler, j’ai eu très peur !

La police, c’est pas du tout comme dans les films. J’ai tout aimé de cette expérience et je ne me suis pas ennuyée une minute. C’est un métier très intéressant. En discutant avec les policiers, j’ai compris qu’il faut réfléchir avant de s’engager.

 

« Souvent, les policiers sont mal perçus.»

Léonita Ramiqi, de Saint-Prex, 15 ans en 11e Harmos. Mon père m’a dit que la police me cherchait, il m’a fait un peu marchée. Le métier de policier ne me correspond pas. Mais j’étais curieuse, Je ne savais pas qu’il y avait des cellules comme ça à Morges. Les policiers ont beaucoup de choses lourdes à porter. Leur métier est plus compliqué qu’on le pense. 

 

Journal La Côte du 10 mars 2017
Anne Devaux

Photos : Olivier Bohren

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