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02.10.2017

Face à un excès de zèle ressenti, le commandant de la police crève l’abcès

Morges, 3 février 2017, Martin De Muralt, cdt de la police communale, ici devant le poste de police. (24heures/Philippe Maeder)
Morges, 3 février 2017, Martin De Muralt, cdt de la police communale, ici devant le poste de police. (24heures/Philippe Maeder)

Saint-Prex Le commandant de la Police Région Morges s’est déplacé mercredi au Conseil communal pour évoquer notamment des sujets qui fâchent.

«On m’avait annoncé que j’arrivais en terrain hostile. Je ne fuis nullement cette animosité, je viens au contraire l’entendre.» C’est par ces mots que le commandant de la Police Région Morges (PRM) Martin de Muralt a commencé son intervention devant le Conseil communal de Saint-Prex, mercredi. La raison de cette déclaration? Une lettre de la Municipalité qu’il a reçue le 23 mai. La missive faisait état d’un excès de zèle ressenti par la population pour des délits mineurs.

Si Martin de Muralt était présent mercredi, c’était en théorie pour parler des activités de la police, un exercice qu’il mène dans chacune des communes membres de la PRM. «Mais je vous propose de traiter d’abord les sujets qui fâchent, a-t-il lancé aux conseillers. J’ai pour objectif d’avoir un véritable échange, un débat constructif.» Avant de laisser la parole à l’assemblée, le commandant a expliqué avoir analysé la situation saint-preyarde. «Je n’ai pas pu identifier de collaborateurs qui dysfonctionnent. Le rythme des amendes est normal, c’est donc peut-être leur nature qui pose problème.» Et de rappeler que les policiers ont prêté serment de dénoncer les infractions. «Même si l’on peut faire des exceptions. Le souci est que sur 50 agents, vous aurez 50 jugements différents d’une situation.»

L’assemblée a ensuite eu l’occasion d’exprimer sa rancœur. «Ma femme a reçu une prune à 3 heures du matin au parking de Marcy alors que ce dernier était vide, a lancé un conseiller. Comme elle avait bu quelques verres, elle n’a pas voulu reprendre son véhicule. Le problème est que vos agents sont de la ville, tandis que nous avons encore l’esprit de bled. J’ai le sentiment qu’ils manquent de souplesse.» Tout en admettant que l’amende fut sévère, le commandant a pu confirmer son impression: le problème réside dans la nature des contraventions, non dans leur nombre.

Certains ont également pointé du doigt le comportement loin d’être irréprochable de la police sur les routes, ou encore une répression abusive avec, notamment, des agents qui se cachent pour surgir et flasher les automobilistes. «Quand on est agacé par des attitudes, il faut que ça sorte. Nos hommes se doivent d’être exemplaires», a reconnu Martin de Muralt.

Tout en engageant les conseillers à prendre contact avec lui en cas de comportements inadéquats, il a insisté sur l’importance pour la PRM de travailler son image. Ce soir-là, le commandant semble avoir réussi à faire passer son message, maniant habilement humour et sérieux. Suffisant pour atténuer le ressenti de la population ?

Julien Lambert - 24 heures - 30.09.2017

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